Moi Femme et Moi Jupe

Publié le par NATHAMSA

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Je me rappelle, toute petite, penser que c’était une chance d’être un homme pour vivre dans ce monde (que je voyais ou pressentais menaçant). En effet, pour moi, à cette époque, l’homme représentait la Force (physique surtout), avec l’image d’une musculature que je trouvais admirable et « utile », comme une armure pour faire face au monde.

Je pensais que je n’étais pas « tombée » dans la meilleure des conditions en ayant incarné l’habit de femme, et que cette condition me prédisposait dans une situation de vulnérabilité, d’infériorité et de faiblesse.

 

Je me rappelle que, petite, je m’arrêtais devant les vitrines des magasins de vêtements pour homme et que je pensais que les hommes avaient de la chance de pouvoir porter ces tenues que je trouvais « classes», distinguées, élégantes.

Je n’ai jamais aimé porter des jupes. Quand ma mère voulait m’en faire porter une, c’était tout un drame et j’en rageais et j’en pleurais ! En jupe, je me sentais « diminuée »,démunie, à la merci des « prédateurs »…et je ne m’y sentais pas à mon aise non plus !

A l’adolescence, pour me prémunir de ce sentiment de vulnérabilité lorsque je devais porter une jupe, j’enfilais un short de sport en-dessous. J’avais observé les garçons qui cherchaient à lorgner sous les jupes des filles et en quelque sorte, j’ai dû me dire « Ils ne m’auront pas ! »

 

A la sortie des contraintes parentales, il m’est arrivé de temps à autre de porter une jupe et dans un contexte bien précis qui était celui de la séduction. Mais en vérité, je ne me sentais nullement moi-même dans ces tenues, juste la réplique des codes du moment. Je ne faisais que répéter un rôle de ceux que j’avais vus autour de moi.

 

Arrivée à l’âge adulte (âge encore indéterminé), par moments, je m’offrais le loisir de porter une jupe l’occasion d’une après-midi de grand estival ou lors d’un cérémonial. J’ai pu alors découvrir une forme de féminité que je ne me connaissais pas, que j’ai pu même trouver agréable et séduisante. Mais au final, retrouver ma liberté de mouvement et une certaine forme de camouflage m’a rendu à moi-même. Ne pas être l’appât du regard de l’autre est une forme de liberté…quand on ne veut pas décevoir.

 

Revenons au début de cet article avec ma croyance de départ : L’homme détient la force et le pouvoir, la femme est vulnérable, inférieure et faible.

Il semblerait que nous ne naissions pas vierges de tout schéma de pensée. Et comme toute croyance tend à se réaliser, il s’avère que dès mon tout jeune âge, j’ai eu à expérimenter ce schéma de pensée, qui m’a poursuivi (ou que J’ai poursuivi) pendant de longues années.

 

Je suis arrivée sur terre avec ces croyances, les ai expérimentées et aujourd’hui, je n’adhère plus à cette image manichéiste du départ. Même si je peux trouver belle, la musculature d’un homme, plus confortable d’être un homme pour sa force et résistance physiques, et même si je ne peux aujourd’hui expliquer précisément pourquoi, je ressens le fait d’être une femme comme une chance.

 

                                                                                                                                                 Nathamsa

 

Publié dans Réflexions

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Florence 02/05/2012 21:27

Ah, c'est sûr nous sommes très différentes sur ce point là car j'aime les jupes, les robes, les échancrures et je t'avoue que je me suis sentie très rarement "en danger" et rarement génée par les
regards masculins et lorsque l'on me siffle dans la rue, je souris et je remercie.

J'ai une fille très très féminine et une autre moins, mais pour cette dernière, je la vois petit à petit se poser dans son féminin, à sa manière à elle, mais avec un épanouissement et une justesse
(pour elle) que me ravit.

Je connais des femmes ultra féminines et qui sont tout le temps en pantalons. Je crois que le féminin est un état, une manière posée d'être une femme, une évidence, un accueil.

Je travaille moi aussi encore sur cet état.
Qu'importe le temps que cela prendra ... :-)

Martine Réunion 12/03/2012 10:29

La situation des femmes dans le monde est loin d'être idéale. Elle est même terrible dans pas mal de pays. Mais je ne regrette pas d'être femme. Et je n'oublie jamais que les acquis sont difficiles
à préserver donc qu'il ne faut pas baisser la garde devant les reculs qui s'installent progressivement.

La jupe, c'est féminin et c'est très agréable d'en porter pour certaines occasion mais dans la vie de tous les jours, le pantalon est vraiment plus pratique !!!

Pensées de la Réunion. Bonne semaine Nathamsa.

NATHAMSA 13/03/2012 09:20



Merci pour ta visite et ton partage, Martine.


Bien à toi,


Nathamsa



Natie 10/03/2012 08:30

Beau texte, qui me fait m'interroger sur mes propres croyances au sujet de ma condition de femme...
Bon week-end Natacha, bises

NATHAMSA 13/03/2012 09:22



Merci pour ton partage.


Je te souhaite une réflexion fructueuse alors, riche de pensées positives et d'amour pour toi-même.


Bien à toi,


Nathamsa



Frédéric 09/03/2012 03:49

très beau texte (même si l'idée d'arriver avec des croyances, me semble une autre croyance ;o) mais il est certain que très -très- tôt ces croyances entre nous, qu'est ce qu'il fait qu'on les
"accepte" sûrement une réaction de défense, une réaction de satisfaction, on conserve ce qui parait nous faire du bien, on rejette ce qui parait ne pas nous en faire.

NATHAMSA 13/03/2012 09:23



Merci pour ce partage,  Frédéric.


 


Bises.


 


A bientôt,


Nathamsa