La peur de l'amour

Publié le par NATHAMSA

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Qu'est-ce "avoir peur de l'amour ?"

Il me semble que la peur commune à chacun-e est celle de s'attacher affectivement à une autre personne en particulier, lui ouvrir son univers et son coeur, et ainsi se rendre vulnérable... (qui déjà ose aller jusque-là véritablement ?) et ensuite être délaissé-e, abandonné-e.

En résumé, ce serait la peur d'être abandonné-e après s'être abandonné-e...après avoir remis une forme de son pouvoir, de son intégrité à cette personne en particulier.

 

Peut-on échapper à cette peur ? et comment certain-es tentent d'y échapper ?

 

La rencontre avec l'autre comporte toujours ce facteur "INCONNU" : inconnu de la durée, inconnu de ce qui va se vivre, au-delà de nos envies respectives.

 

Je crois que certain-es tentent d'y échapper en se blindant, en fermant la porte de leur coeur et en s'empêchant de s'attacher. Elles- Ils vivent au niveau des sens plus qu'au niveau du coeur, il me semble. C'est une forme de consommation, même avec des lendemains. C'est aussi une manière de prendre le pouvoir pour ne pas se rendre vulnérable, pour se protéger de la souffrance éventuelle de ne pas être accueilli-e dans son entièreté.

Il me semble que ce choix d'attitude amène la relation à une impasse à plus ou moins courte échéance.

La relation d'amour, quelle que soit sa durée, demande de s'ouvrir, et pas seulement en partageant ses musiques préférées !... Le risque n'est pas tant celui de se tromper que celui de ressentir...et de se laisser toucher, pénétrer par l'in-connu.

 

En étant à l'écoute de soi-même, il est possible de discerner la " peur-attention-danger" de la "peur-inconnu". La première peur nous indique que nous connaissons déjà cette forme d'expérience et que si nous continuons dans ce sens, nous allons à coup sûr droit dans le mur ! Quant à la "peur-inconnu", elle est plus subtile, c'est comme avant de sauter en parachute... L'excitation mêlée à la peur sont là parce que qq part nous savons que qq chose de beau est à vivre, mais nous ne connaissons pas encore cette expérience qui risque de nous changer...de nous transformer... Et tout changement fait peur...

 

Des conseils ?

- Apprendre à discerner ses peurs.

- Prendre le temps de connaître la personne que l'on rencontre, partager des moments de vie pour laisser le plus de place possible à la réalité plutôt qu'aux fantasmes.

 

Et vous, quel(s) conseil(s) donneriez-vous à partir de votre propre expérience ?

 

Publié dans Réflexions

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Elise 02/12/2012 00:36

Pour ma part, si je suis souvent fortement attirée par la Voie mystique qui me donne l'impression de toucher l'Amour du doigt l'espace de quelques instants hors du temps, je sens que j'ai à passer
par l'amour affectif pour oser traverser des obstacles profondément ancrés permettant à l'Amour de circuler à travers mon Être...

Car seule cette voie me permet de venir souffler sur les poussières insoupçonnées qui saupoudrent les blessures, les peurs, les flous qui sont installés bien au chaud au fond de moi... à la fois
car l'Amour que je sens vibrer à travers le Lien me permet d'oser ouvrir des verrous petit à petit, et à contrario car le fait de fusionner parfois jusqu'à l'étouffement déclenche des réactions
"hors de moi" qui révèlent justement les points où j'ai à apprivoiser le fauve qui vit en moi et déborde, dérape, fait mal car il n'est plus maître de lui-même.

C'est dur parfois, on a la sensation de se perdre en l'autre, en le "nous", mais quand on sent l'Amour qui est là, on ressent aussi en l'autre et en le "nous" le soutien essentiel qui permet d'oser
tomber, d'oser l'humilité, d'oser la nudité... qui permet alors de laisser l'espace libre pour choisir les apparats, les outils, les relations que l'on va développer pour nous sentir plus en
harmonie avec nous-même et le monde qui nous entoure.

Quel défi que celui de l'Amour à deux, où la tentation permet le rapprochement et donc l'expérience, mais où elle menace à chaque instant d'étouffer l'Amour universel par volonté de posséder.

Un défi de funambule!

NATHAMSA 02/12/2012 00:50



Merci, Elise, pour ce partage, ce commentaire impliqué... Tout ce que j'aime !


Oui, je crois qu'il n'y a que par le passage par l'expérience de la chair, si je puis dire, tout au moins, le passage de l'intimité avec l'autre qui nous dévoile, démaquille et nous révèle à
nous-même. La création avec l'autre n'est possible, à mon sens, que dans un échange et un partage de vérité dans l'intimité. Finalement, tu en parles peut-être mieux que moi ! ;-)


Salut à toi, Funambule de la vie, de l'amour...



anne 24/11/2012 10:24

Oui, le Doer avant l'action, comme disait Swâmi Prajnanpad, l'être avant l'action. Et en même temps si on attend d'être dans l'amour véritable, de le vivre, de le ressentir, d'être enfin soi-même,
pour s'ouvrir à l'autre.... Ca peut prendre du temps, beaucoup de temps, d'autant plus que je ne sais pas ce qu'est l'Amour, je le pense pour l'instant, dans les limites de mon mental. Qui sait si
je ne le vois pas déformé? Par contre je sais que s'ouvrir à l'autre est aussi un moyen d'atteindre cet Amour, c'est un double mouvement d'accueil, de la profondeur en moi et accueil de l'autre. Le
chemin à deux est parfois d'une grande fluidité et parfois si difficile... Arnaud Desjardins a écrit tant de choses sur le couple, comme sources de frictions permettant de cheminer. L'autre est un
bon moyen d'avancer, ne serait-ce que pour nous montrer ce que nous sommes. Je ne prône pas de se lancer tête baissée dans une relation alors qu'intérieurement les signaux sont rouges, mais aussi
de ne pas attendre d'avoir atteind le haut du panier spirituel pour aimer, pour s'ouvrir à l'autre. L'autre est un autre, et on ne sait pas finalement la richesse qui est en lui. Parfois cela
prends du temps, comme pour nous, parfois c'est très rapide. Arnaud Desjardisn disait qu'à un moment il fallait se lancer, agir, quelque soit cette action, car la Vie attend un sine de nous avant
de se mettre en mouvement, c'est nous qui impulsons la direction, même si nous ne maîtrisons aucune circonstance. Une action peut être une non-action.

NATHAMSA 24/11/2012 10:32



Oui, Anne, je me sens à peu près en accord avec ta pensée. Bien sûr qu'il ne faut pas attendre d'être "parfait-es" avant de s'autoriser l'aventure d'une rencontre, car c'est aussi dans cette
aventure que l'on se découvre à travers la relation et ce que l'autre nous renvoie, et ce que nous créons dans et par cette relation... Donc, oui, l'amour conditionnel-inconditionnel est un
processus à mon sens, et un processus qui passe par l'expérience de la vie en so-mêmei, de l'amour en soi-même, tel-les que nous sommes à cet instant T.


Je crois que l'incarnation de l'amour véritable, de l'amour inconditionnel passe par l'expérience de la confrontation avec l'autre avec ce que cela peut comporter de plaisirs et déplaisirs, de
défis et de cadeaux...



anne 24/11/2012 08:50

Il s'agit d'oser, comme dans le pari de Pascal, Oser croire en cet amour infini. Ce n'est de toute façon que dans la durée que l'on apprends à vivre dans touta sa richesse une relation. C'est
toujours le premier pas qui coûte. Je connais des gens qui vivent dans cette peur et à 60 ans ils ne sont pas rassurés, ils ont juste l'impression d'avoir raté quelque chose jusque là. La Vie est
si créative, elle nous suit pas à pas.
Et effectivement la peur et le désir sont les deux faces d'une même pièce.

NATHAMSA 24/11/2012 10:05



Bonjour Anne,


Merci de ta visite.


Tu parles d'oser croire en cet amour infini, mais il me semble que, dans un premier temps, la rencontre entre deux êtres humains se fait sur une base d'amour conditionnel (conscient ou non) :
"Je t'aime tant que tu réponds à certains de mes besoins, tant que j'ai du plaisir avec toi, etc..."


Ne faudrait-il pas déjà ressentir l'amour inconditionnel en soi-même, et POUR soi-même, avant de pouvoir le projeter et y croire avec un-e Autre ?


qui peut véritablement savoir et dire avec assurance qu'il-elle a raté sa vie ? Ce sont des jugements du mental. Qui sait vraiment quel est son dessein et le sens de ce qu'il-elle vit ?


 


Bien à toi, Anne.



f 20/07/2012 22:08

ce qui se construit lentement, avec le temps et les épreuves... la sincérité, même quand cela est éprouvant... cette pensée, ce sentiment de lien que rien ne détruit, ni le temps qui passe, ni les
rencontres... quand quoi qu'il en soit, ce sentiment est animé d'une force non remise en cause...quand même la douleur, la souffrance ne sont pas dans ce qui anime le souvenir... parce que la vie,
vivre, ressentir est finalement plus fort... pensees...

Lise 31/05/2012 12:40

Toutes nos peurs parlent de nous à l'envers..
Elles disent ce que nous n'aimerions pas.
il suffit de les retourner pour trouver l'aspiration profonde et la manifester.

La "peur de l'amour" dit " je n'aimerai pas ne pas être aimé" en la retournant comme un gant on trouve l'aspiration à l'amour inconditionnel.
Pour manifester cette aspiration profonde : Aimons inconditionnellement !
De ce point de vue la peur diparaît, tout est Amour.

NATHAMSA 31/05/2012 12:44



Sourire...


Oui, Lise.


Merci.


Bien à toi,