Je l'ai fait !

Publié le par NATHAMSA


17 ans que je n’ai pas revu celui qui a joué le rôle de mon père durant mon enfance-adolescence.
Il y a quelques mois, ma belle-sœur m’apprend que mon frère revoit ce père (qu’il ne voyait plus depuis 3-4 ans) et que ce « père » avait exprimé le désir de me revoir et de faire la paix, « qu’il fallait oublier le passé ».

Ça m’avait fait un « choc » quand je l’ai appris ! Ce père qui m’a toujours rejetée souhaitait me revoir !...

J’ai alors senti toutes les revendications que j’avais encore en moi à son égard et le fait que je ne l’avais pas encore pardonné de tous les sévices subis lorsque j’étais enfant.

Je me suis aussi demandé ce que je pouvais bien avoir à partager d’enrichissant avec cet homme dont la vie me semble à des siècles de lumière de la mienne !

Je me suis donc donné le temps de cheminer afin d’aller vers lui plus sereine et détachée de mes attentes de reconnaissance de ma souffrance et de laisser faire, de voir in situ ce qui pouvait ressortir de positif de ces « retrouvailles ».

 

Il y a 15 jours, passant près de chez lui, je décide spontanément d’aller sonner à sa porte !...courageusement ! et « espoirment » aussi ! Il n’était pas là…

 

Depuis, j’y pensais presque tous les jours, et, ce vendredi 13, j’ai franchi le pas !... Je lui ai téléphoné.

Ça n’a pas duré longtemps… J’ai été gentille, à l’écoute…malgré tout, dans l’accueil… Il était agressif, aigri, a nié avoir exprimé l’envie de me revoir et m’a jetée ! … une fois de plus ! J’ai eu l’impression de retrouver le même homme que j’avais quitté il y a 17 ans…un peu plus aigri !

 

Cet homme, je l’ai subi toute mon enfance-adolescence. Je suis revenue vers lui à plusieurs reprises…malgré TOUT ! Et je me fais jetée à chaque fois !...

 

C’était ma dernière fois. Je me sens libérée de devoir lui plaire, de l’envie de me sentir aimée de lui. Il n’en est simplement pas capable et ce que je suis y est peut-être pour quelque chose, mais moi, je n’y suis pour rien ! J’aurais fait de mon mieux jusqu’au bout…malgré TOUT ! J’aurais fait ma part.

 

Je vais bientôt tourner la page…pour mon salut, ma sauvegarde et enfin VIVRE ! sans me soucier de son regard ! …car je crois qu’inconsciemment, ce regard jugeant, réprobateur, effrayant même, etc…me poursuit depuis mon enfance.

 

Il est temps que j’arrête de chercher un amour et une reconnaissance impossibles et que je commence à diriger cette quête et cet amour vers moi-même.

Publié dans Humanité

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Martine Réunion 08/12/2009 13:14


Il a son histoire.....Tu as la tienne, mais il en fait partie et ça tu ne peux pas le changer.....
Il y a un moment où il est bon, justement, de ne plus chercher à se faire aimer, reconnaître....Ce n'est peut-être pas encore le moment.....Ca ne le sera peut-être jamais....
Il faut penser à toi, à faire ton chemin....malgré les blessures.....


anne c 23/11/2009 18:40


Un jour une femme posa cette question au Maître spirituel américain Lee Lozowick: "j'ai grandi dans une famille maltraitante. J'ai tout fait en grandissant pour leur pardonner ce qu'ils m'avaient
fait. Et en retour ce ne fut que rejet. Comment faire pour que le lien se fasse entre nous". Lee lozowick lui répondit: "le plus important n'est pas de savoir pourquoi cette famille agit ainsi,
mais pourquoi vous vous obstinez à vouloir être aimée par ces gens maltraitants".
Ces propos m'ont frappée de plein fouet quand je les ai lus. Toute ma vie et mes tentatives d'être aimée de personnes maltraitantes (famille, compagnes, "amis")me sont revenues en mémoire.
Parfois le plus important n'est pas de recréer ce lien, mais de recréer celui avec soi-même, pour enfin s'aimer et parfois tourner la page.
Je crois comprendre pourquoi ma famille d'accueil a été maltraitante, je crois comprendre pourquoi les deux seules conversations avec mon père ont tournées autour de "vous êtes une bâtarde". Mais
bien au delà le plus long travail a été de m'aimer, de me prendre par la main gentiment pour me détourner encore une fois d'une rencontre qui allait me faire souffrir, de m'aimer pour
qu'inconsciamment je ne fasse pas capoter la belle relation avec ma compagne actuelle. J'en ai connu des actes de sabotage, parce qu'au fond de moi je croyais que je ne pouvais connaître que le
malheur et que l'on ne pouvait m'aimer comme je suis.
Si le lien avec ton père doit se faire, alors il se fera. Il est peut être temps pour toi d'accepter de vivre avec cette blessure béante. Arnaud Desjardins dit que "l'on ne guérit jamais de
certaines blessures de l'enfance". Mais elles nous rendent plus fortes et elles sont un rappel que nous sommes tous appelés aussi au bonheur.


NATHAMSA 04/12/2009 18:50


Merci, Anne, pour ton témoignage et la pensée de Lee Lozowick. Je comprends maintenant.. Tous ces mots me parlent. Oui, je crois qu'il est temps que je tourne la page...
Merci !


Madinina 23/11/2009 10:26


hélas je comprends très bien ce que vous avez vécu !
merci pour ce gentil passage sur mon blog et à bientôt j'espère
ps : le chat fleuri n'est pas de moi seuls les dessins au crayon le sont
bon lundi


Francoise-L. 21/11/2009 06:45


D'abord, pour répondre à votre question : Conseil de famille serait au moins(peut-être au plus) votre frère et vous-même.
Un point commun avec vous, mon père nourricier n'est pas mon père géniteur.
Nous avons dû effectuer la même démarche, nous adopter l'un l'autre.Ce ne fut pas synchro mais après le lien est devenu très fort.
Si je peux me permettre : Ne pensez pas pour lui. Il est possible que,dans un 1er temps, vous ne puissiez communiquer que par la médiation de votre frère.


Francoise-L. 20/11/2009 12:03


Je crois que vous êtes le reflet de sa culpabilité.
Comment le faire passer du remord (intolérable tant il est douloureux) au regret de ses faiblesses passées et présentes : En trouvant une statégie permettant de l'apprivoiser.
Laquelle ? La solution n'est accessible qu'à partir de votre conseil de famille,s'il veut le chercher, je crois.
Cordialement


NATHAMSA 20/11/2009 15:08



Je ne suis pas certaine que ce soit un être capable de ressentir de la culpabilité. Je crois qu’il agit avec toute son inconscience et que cet
homme était « perturbé » déjà bien avant ma naissance.


Le fait que je ne sois vraisemblablement pas sa fille (je ne l’ai su que bien plus tard et lui en doutait aussi justement) et que j’incarne
une femme ont été des paramètres qui ont déclenché une partie de sa folie à mon égard qui s’est traduite par de la maltraitance tout au long de ma vie en sa présence.


J’ai l’impression que le simple fait d’exister, d’être une femme et pleine d’amour et d’innocence a été une trop grande menace pour sa
psychologie de petit garçon qui n’a pas grandi, devenu  un adulte en plastique et béton armé !


Que voulez-vous dire par « conseil de famille » ? Quoi qu’il en soit, je crois
que cet homme n’est pas prêt de se remettre en question et de reconnaître, en effet, le mal qu’il a acté et engendré dans sa vie. Il est resté au stade de la victime !!! (victime de ses
victimes ! faut le faire ! Là s’exprime toute son inconscience…)


Merci pour le partage de votre regard.


Bien à vous, Françoise-L.