Abandon

Publié le par NATHAMSA

Tous les abandons de la terre
Dans la rue
Qui rigole son sang

Tous ces abandons d'enfants
Par ces maîtres futiles
Sur des destinées infantiles

Entre la joie et la blessure
L'horreur ou l'amertume
Le fil se balance

La transe extatique
Des âmes insoumises
Ouvre l'impossible mystère
D'un estuaire irrésolu

Tangible est la souffrance
Dans son cœur
Cette exigence

L'insoumise poésie
Sous le charme
De la cruelle volonté

Des âmes en partance
Vers l'infini
L'incertaine entité

Le néant sous l'ombre de ses mains
Un plateau une marre
Une exquise avalanche de tintamarres

Tant d'abandons d'usurpations
Pour cette âme sans amarre
L'errance d'une absence
En écrin de solitude
Pour des êtres imparfaits


Un combat sans cesse vaincu
Cherche l'image de sa gloire
Dans l'arène des sauvages luxures
De la vierge noire
Au vagin des années perdues

Quand la soudure de nos entrailles ?

Quand te réveilleras-tu ?

Ô ma bien-aimée
Mon tout petit
Toi l'endormie
Sous les heures subies
Le temps n'est plus soumis

Quand saisis-tu la main que je te tends ?

Là-bas l'horizon
Des steppes de courage et d'amour
Le bleu en certains
Le rouge plus loin

La statue de ton éclair
Me parle enfin
De ces jours lointains

Lève le voile
Sur ta lumineuse destinée

Le souvenir de ta blessure
De ce néant laissé béant
Au fond du vide
Derrière le noir
Comme une absence
Une envie
Un sourire et des rires

 

Je ne sais quel mystère me parle
En errance
Sur le corps de mes pairs

Une âme sans distance
Au parvis de mon âme en souffrance

Que de promesses sans ancrage

Que de promesses comme des nuages

Je savais cette étrange obscurité
Les mots usurpés
Les mots desséchés

La paix de l'âme
Dans le regard droit
Face lumière
Face à terre
Implorant le ciel
De mille faveurs
Pour que cesse la douleur
Et l'inconscience légèreté
Le regard profond
Baigné d'innocence
Le regard de cette enfant
Sans cesse en mouvance

Qui peut entendre le parfum de son âme pleurer ?

Qui peut souffler
Sur les braises éteintes
De son feu ardent ?

Qui peut encore sentir la chaleur
De ce corps interrogé ?

L'insondable
L'inconciliable beauté de la douleur
Qui s'ouvre à la volonté
D'un cœur disposé
Vers l'infini des possibles imaginaires
La vie se redessine depuis
D'air en ère

Tu m'as quittée
Abandonnée
Seule
Sur le sol de ma destinée
Sans partage
Sans intimité
Le sol sous moi s'est dérobé

Vers où le cimetière
Quel chemin
Quelle inconduite
Aux frontières de l'incarnée
Sang limite

La lente assomption des usurpées
Des corps dissonants
S'entremêlent
Le temps des cormorans

Les corps haletants
Haletants

Reviendra-t-elle ?

Ou le ciel
Ou l'enfant sur la terre

Déchirure des instincts

Où est mon entraille de vie ?
Si soudain évanouie
Sans aucune cérémonie

Je t'ai cherchée
Soumise à ta volonté
J'ai crié ta cécité

L'abysse des âmes échues
Aucune ponctuation
Sur le sanctuaire des naufragé(e)s
Juste une résilience sur le rocher
Rappel au souvenir
De l'Eternel éternité
 


                                    Nathamsa

Publié dans Poèmes

Commenter cet article

Amanda 30/07/2008 13:07

J'aime beaucoup tes poèmes , ton blog.
Chez toi, tout est évoqué, éludé...il faut deviner entre les lignes, imaginer, sur ce fil conducteur entre foi et désarroi. Il y a cette fragilité émouvante au milieu de repères culturels sûrs, ces doutes qui cotoient les aspirations les plus hautes....
Je reviendrai avec plaisir découvir qui tu es.
Quant à l'insomnie...
Quand l’insomnie s’installe, je ressens une panique, une détresse, je me bats avec toutes sortes de pensées. J’ai compris que ce sentiment de panique était engendré par une croyance : celle que j’étais incapable de prendre soin de moi.
L’épuisement qui résultait de plusieurs nuits sans sommeil ne faisait qu’accentuer ce sentiment.
De la même manière, alors que je savais nager, j’ai failli me noyer à cause de cette croyance que j’étais incapable de le faire, et heureusement, des baigneurs m’ont ramenée à la plage, inconsciente.
Depuis que je sais que ces croyances, ce « corps de souffrance » ne sont pas ma vraie nature, je peux parfois m’en dissocier et être consciente du trip qui s’empare de moi à l’occasion de l’insomnie notamment.
Mais il faut être très vigilent, sinon, hop, on est vite réembarqué par le scénario de pensées qui a l’habitude de nous squatter.
Essayer de revenir à la conscience vierge, au delà des formes et au coeur des formes...
Je t'embrasse
A bientôt
Amanda